Mandala

L’analgésie méditative

Analgésie

L’analgésie est la suppression de la douleur sans toucher pour autant à la clarté des autres perceptions.

L’analgésie congénitale par exemple,  est une forme de maladie qui empêche de ressentir la douleur.
Les rares personnes atteintes de ce mal risquent la mort dès leur enfance car les signaux douloureux qui signalent un danger immédiat, indispensables pour apprendre à survivre, sont absents.

Il leur faut apprendre à retirer la main du feu, arrêter de marcher ou courir si un os est cassé ou qu’une entorse est sur le point de rompre un tendon. Les plus attentifs aux autres signaux de leur corps survivront. Des signaux qu’un médecin détectera sur un patient mais auxquels on ne fait guère attention en général.

l’analgésie mentale

La pratique régulière de la méditation modifie la résistance normale à la douleur mentale. Cela permet de résister à des situation de stress qui seraient insupportables aux non-méditants.
C’est à la fois un avantage et un désavantage.

Les avantages

Là où un non méditant sera soumis à des souffrances mentales, telles que la peur, la tristesse, la frustration, la colère… Un méditant pourra agir sur les causes qui produisent ces souffrances dans son esprit, et les ressentir de façon atténuées voire pas du tout.

Le cercle vicieux de la colère qui s’auto-entretien pour s’accroître, par exemple, peut être brisé.
Le méditant se prémuni d’une perte de contrôle qui pourrait lui être fatale ou provoquer des choses irréparables avec son entourage.

Lutte

Lors d’un besoin d’utiliser son esprit avec acuité et rapidité, ou d’utiliser au mieux ses réflexes, le pratiquant de la méditation sera grandement avantagé en ayant la possibilité de rejeter volontairement les perturbations mentales hors de son champ d’action. Pas de peur, d’hésitation, seulement l’action juste.

Dans le cas d’un combat physique aussi, cela permet un détachement attentif et une perception du danger plus rapide. Ceci faisant une grande différence quand à l’issue du combat.

Dans les arts martiaux traditionnels, tels que j’ai eu la chance de pratiquer il y a longtemps, la méditation et le contrôle de l’esprit étaient indissociables de l’enseignement des formes physiques.

Les inconvénients

Les inconvénients sont dus à cette fameuse analgésie mentale dont je parlais plus haut.

Au lieu de chercher à éviter des situations tellement toxiques que n’importe qui aurait fuit, le méditant entraîné encaisse encore et encore, sûr de pouvoir prouver sa valeur aux autres et à lui même, et de modifier le comportement des autres ou les événements dans le bon sens.

Mais l’esprit a besoin du corps pour fonctionner, notamment d’un cerveau en bon état.

Que se passe-t-il en cas de stress mental répété ?

Le cerveau consomme ses stocks de sérotonine, les autres neurotransmetteurs diminuent également, notamment la dopamine. Ces déséquilibres modifient le fonctionnement cérébral et peuvent aboutir à la perte totale de capacité d’éprouver de l’intérêt et du plaisir, jusqu’à trouver la vie trop insupportable pour continuer d’exister.

Grâce à la capacité du méditant, cette “consommation” sera plus légère mais elle se fera.
Pour peu que le manque de sommeil s’ajoute au stress, la sérotonine ne se reconstituera pas ou beaucoup moins qu’elle ne sera consommée.

Ceci peut amener un méditant expérimenté à supporter l’insupportable pendant des années. Puis se lancer dans des projets encore plus stressants pendant des mois jusqu’à l’épuisement physique et mental complet.

Le “burn-out” tellement à la mode dans nos sociétés en ce moment, dépasse alors de loin la simple rupture de résistance d’un non-méditant et peut mettre ses constantes vitales complètement en dehors des normes.
 

Analgésie méditative

Mon expérience

Je parle de cela en connaissance de cause hélas.

Je vous dévoile une partie de la douloureuse expérience que j’ai faite il y a plus de deux ans de cela.

Pendant des années, j’ai travaillé dans une société où j’ai côtoyé des responsables sans compétence managériale ( ils n’étaient pas tous ainsi, heureusement ), où j’ai subi deux fois les assauts de pervers narcissiques réels (je précise, car le terme est à la mode lui aussi) ce qui aurait déjà pratiquement détruit n’importe qui à chaque fois.

Le dernier projet que j’ai géré m’a fait travailler 70 heures par semaines sur 3 ou 4 tâches simultanées, avec des collaborateurs répartis d’un bout à l’autre de la France en assurant la qualité de rendu, la relation avec le client et la synchronisation du tout.

Heureusement, par chance, mes collaborateurs furent des professionnels aux qualités humaines et techniques indéniables. Mais ce n’était pas le cas de mes responsables.

Au bout de deux mois à ce rythme, j’ai senti les premiers signes de problèmes de santé et m’en suis ouvert aux médecins qui voulaient m’arrêter. Mais je ne pouvais pas laisser tomber le client ni mes collaborateurs.
J’ai remonté l’information mais mes chefs m’ont dit que je n’avais pas d’autre choix que réussir… J’ai donc continué deux mois de plus et ai finalement réussi ce projet.

Je vous passe les détails de ce qui a finalement abouti à un tel burn-out que j’ai failli en mourir et me suis retrouvé sous perfusion pendant 3 semaines à l’hôpital.

Depuis, je me remets doucement, mais j’ai tiré de cette expérience des leçons de vie qu’on ne peut connaître qu’en les expérimentant.

Je compte bien vous faire profiter dans de prochains articles de mes découvertes tout au long de ces deux ans. Cela servira à tous pour vivre mieux et plus heureux.

Quelques conseils peuvent vous être donnés dès à présent :

Premier conseil

Aux méditants expérimentés surtout, ne négligez pas les signaux d’alarme de votre corps, et apprenez à les écouter !
Je ne parle pas du temps où vous êtes en méditation, mais du reste du temps ou vous devez maintenir un état d’attention continue pour pouvoir tenir.
L’analgésie méditative perdure alors au delà de ces moments, et notamment pendant les périodes de repos où la pression attentive baisse enfin. La tension du mental aura alors des répercussions sur le physique. Si vous ignorez ces signaux d’alarme, vous mettez en danger votre corps et votre esprit. La phase dépressive peut être telle que des “cicatrices” seront encore visible dans votre cerveau lors d’une IRM même après guérison.

Analgésie méditative physique

Nous avons vu principalement les effets de la suppression de la douleur mentale face à une situation de stress. Nous n’avons pas vu comment la mettre en œuvre volontairement.
De même, nous n’avons pas vu la suppression de la douleur physique grâce à la méditation.

Ces techniques réclament d’être entraîné et seront décrites dans d’autres articles à venir. Mais il est très important d’avoir en mémoire les limites à ne pas dépasser pour ne pas vous retrouver avec le risque d’une exposition trop longue ou trop intense au danger, au stress ou à des personnes ou circonstances destructrices.

Ceci explique aussi pourquoi la plupart des psychothérapeutes déconseillent la méditation à des patients déjà dépressifs. Mais nous aborderons des techniques de substitution qui elles, permettrons d’améliorer les conditions de vie de tout le monde et plus particulièrement des sujets déprimés.

À Bientôt…

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