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Bonheur et malheur

Je suis toujours très étonné de voir autour de moi des amis incapables de donner une définition du bonheur.

Tous veulent être heureux mais aucun ne peut dire ce qu’est pour lui cet état.

D’une part, nous avons des gens qui relient le bonheur à la possession, que ce soit d’argent ou de biens : « je serais heureux quand j’aurais gagné au loto, ou quand j’aurais telle superbe voiture, ou quand j’aurais trouvé l’homme ou la femme de ma vie. »

On voit bien que cela n’est pas une définition, c’est une énumération de circonstances qui mèneraient à un état de satisfaction, à défaut d’être du bonheur.

Bien sur, on peut argumenter que ces satisfactions entraîneraient de la joie, et que la joie est incompatible avec le malheur, qui est le contraire du bonheur.

Donc, ce sera le bonheur.

D’autres amis tentent une approche plus philosophique, voire analytique de la définition.

Certain de ceux-ci définissent le bonheur comme l’absence de malheur.
Ou bien comme un état inaccessible de bien être.

Route vers le bonheur

Définitions

Lorsqu’on réfléchit à un sujet, il est toujours primordial d’en fixer précisément la base, en commençant par la définition, qui délimitera le champ sémantique du sujet.

Que disent les dictionnaires :

Bonheur : n.m.
◆ État de grande satisfaction, de plénitude, de bien-être.
◆ Chance, hasard favorable. Un bonheur inespéré.

Le Littré, plus ancien, se réfère d’abord à l’éthymologie en plaçant l’aspect chance en premier, puis nous donne les précisions suivantes :

BONHEUR, FÉLICITÉ, BÉATITUDE.
Bonheur veut dire proprement bonne chance (bon heur), et, par conséquent, il exprime l’ensemble des circonstances, des conditions favorables qui font que nous sommes bien.
Il a donc un caractère extérieur, objectif, qui en fait la nuance avec félicité.
La félicité n’est point liée à ces conditions du dehors ; elle est plus propre à l’âme même ; aussi on ne dira pas : la félicité que les richesses procurent ; mais on dira : le bonheur qu’elles procurent.
La béatitude, qui est du style mystique, est la félicité destinée dans une autre vie, à ceux qui auront pratiqué la vertu dans celle-ci.

Voilà qui est plus précis, on voit que le sens a évolué et s’est dilué avec le temps, mais on y retrouve en partie les définitions données un peu maladroitement au début.

Le bonheur dont je vous parle aujourd’hui est donc plus proche de la définition de la félicité. C’est ce sens qui est employé par ceux qui se placent du côté de l’esprit qui perçoit plutôt que des phénomènes extérieurs, ainsi que par les mystiques qu’elle que soit leur religion.

La béatitude est également employée dans les

religions du livre ( juifs, chrétiens et musulmans ) mais pour désigner un état de bonheur suprême octroyé par Dieu.

On parle de béatification pour la reconnaissance d’un saint.

Le bonheur est évidemment opposé à la souffrance ou au malheur. Toutefois, il n’est pas l’absence de malheur.
Il peut y avoir un état neutre sans malheur ni bonheur, de même qu’un plat insipide n’est ni bon ni mauvais.

Allons plus loin.

Sur la base du bonheur se développent un ensemble de sensations positives. C’est à dire que ces sensations sont agréables et qu’elles nous encouragent à agir, elles compensent ou éliminent les souffrances.

Le bonheur permet de développer la joie.
Il développe l’enthousiasme qui pousse à agir, la confiance en soi et en les autres.

En partageant la joie, l’enthousiasme et en montrant de la confiance, vous partagez ces sentiments, vous induisez une sensation de bien être, et l’enthousiasme se communique à vos proches et à ceux avec qui vous êtes en

relation proche ou lointaine.

La confiance et l’enthousiasme s’opposent aux peurs et au découragement et vous donnent le sentiment de pouvoir tout réussir.

Si ces sentiments reposent sur la certitude que vous avez acquis les compétences nécessaires à entreprendre ce que vous voulez, ou que vous savez pouvoir les acquérir parce que votre engagement à le faire est impeccable ( voir l’engagement du guerrier ), alors ces sentiments de joie, de compétence et maîtrise de votre destin, ainsi que d’enthousiasme, tout cela forme le bonheur.

Le malheur possède des caractéristiques inverses :

  • Absence d’énergie et doute.
  • Sensations de tristesse.
  • Perte de l’estime de soi et de confiance
  • Indécision, peur de bouger, d’entreprendre, du regard des autres.
  • Repli sur soi-même.

Intérieur et extérieur

Presque tout le monde a expérimenté le bonheur et le malheur.
Les causes de l’un comme de l’autre dépendent de notre façon de percevoir le monde, avec ces fameuses préconceptions, qui se sont développées depuis si longtemps.

Ainsi, on peut être choqué de l’expression du malheur chez quelqu’un qui possède tout ce qu’il faudrait pour être heureux.

De même on peut s’étonner du bonheur affiché par certains nécessiteux.

Le bonheur, tel que nous l’avons défini, comme étant la félicité, est bien un état intérieur, qui réagit aux circonstances en fonction de nos propres comportements passés et présents.

Le bonheur en tant que bonne chance, influence donc cette sensation de félicité mais n’est pas suffisant, et ne produira pas les mêmes effets chez toutes les personnes.

Des circonstances heureuses pour les uns seront perçues comme inutiles, voire néfastes par les autres.

Ligne temporelle

Si vous reprenez les sensations accompagnant le bonheur et le malheur, telles que nous les avons vues plus haut, quelque chose sautera aux yeux de certains d’entre vous.

Lorsque j’en parle avec des amis, j’aime bien leur poser la question pour qu’ils trouvent eux-mêmes la réponse. La compréhension devient alors superbe et évidente, et s’accompagne d’une sensation de bonheur justement.

Comme nous sommes sur un blog, je ne vais pas m’amuser à vous faire languir jusqu’à la semaine prochaine, l’intérêt pédagogique en serait bien moindre, et sans doute plutôt catastrophique. Cela pourrait toujours déclencher une petite crise de fou-rire, mais ce n’est pas le but.

Ce qui apparaît, après réflexion, c’est l’orientation temporelle du bonheur et du malheur.

Après l’analyse que nous venons de faire, il apparaît que le bonheur est tourné vers l’avenir, vers les possibilités d’évoluer.

Et l’espoir, dans son sens bénéfique, anticipe des choses agréables, et procure de la joie et de l’énergie par anticipation. L’espoir comporte déjà plusieurs caractéristiques du bonheur.

La confiance, est également tournée vers l’avenir, même si ces qualités s’ancrent dans le présent, elles vous tournent vers l’avenir.

Frise solaire

Le malheur, lui, repose sur le passé. C’est en gardant présentes à l’esprit toutes les blessures, qu’elles soient physiques ou morales, et en réinterprétant certains souvenirs de façon négative que nous développons nos blocages, nos peurs, notre manque de confiance, notre piètre estime de nous-même.

Attention à bien comprendre ces concepts.
Le passé et ses expériences n’ont pas de responsabilité directe dans le malheur, pas plus que l’avenir ne peut en avoir sur le bonheur, le bonheur ne remonte pas le temps et le futur n’existe pas encore.

Ce sont les sentiments de malheur qui s’appuient

sur notre vécu, douloureux ou réinterprété comme tel, et qui fabriquent ainsi une image négative de nous-même.

Certains grands dépressifs sont si malheureux, qu’ils ont transformé leur esprit et ne peuvent plus envisager d’avenir supportable, ils n’ont plus d’énergie, le doute est leur quotidien.

La piètre estime qu’ils ont d’eux-même se reflète sur ce qu’ils croient être l’opinion des autres.

C’est une spirale du malheur auto-destructrice, qui conduit souvent au suicide, quels que soient les drogues et psychanalyses administrées.

Le bonheur, une politique d’avenir.

Le bonheur nous permet donc de nous projeter dans l’avenir, de le voir avec confiance, malgré les difficultés. Car le bonheur n’est pas l’inconscience.

Pour faire changer les choses, il faut une certaine dose de bonheur, quelqu’un de résigné n’entreprendra rien.

En y réfléchissant, le bonheur serait à combattre dans un système totalitaire, présentant un avenir sombre, retirant aux gens les possibilités ou l’envie de s’instruire et de faire les efforts nécessaires pour s’améliorer.

En occupant le temps qu’ils pourraient mettre à profit pour réfléchir et faire des projets.

On pourrait maintenir tout un peuple sinon dans le malheur, mais au moins dans une neutralité facile à contrôler.

Le problème d’une telle société est qu’elle finirait par une forme ou une autre de suicide social, ou d’incapacité de réagir face à l’adversité ou des changements environnementaux ou culturels.

Elle aurait également mis en sommeil ses capacités de croissance, d’adaptation et de développement intellectuel et moral.

Toute ressemblance avec des sociétés existantes ou ayant existé serait bien sûr purement fortuite.

Être heureux

  • Comment faire pour être heureux ?
  • Cela s’apprend-il?
  • Comment faire cesser la souffrance ?

Oui, le bonheur peut s’apprendre ou se réapprendre.

Ce sera l’occasion d’un autre article, mais déjà, vous avez ici de nombreuses pistes à explorer.

Comme d’habitude, je fais appel à vos commentaires en vous demandant de les partager avec les autres à la fin des articles.

Beaucoup d’entre vous préfèrent m’envoyer des mails, c’est parfois justifié quand les questions ne se rapportent à aucun article, ou qu’elles sont très personnelles, mais sinon, c’est dommage de ne pas échanger avec les autres internautes, d’autant plus que cela fait vivre le blog.

À partir de maintenant, plutôt que de répondre par mail à ces questions ni générales ni personnelles, je les saisirai dans les commentaires correspondants et y répondrais dans ces commentaires.

Tout le monde s’enrichira ainsi.

À bientôt

9 commentaires pour Bonheur et malheur

  1. Michel DEAF a dit :

    Bonjour,
    Je suis un homme sourd depuis la naissance, je parle la langue signes française et étranger (Japon, Russie , Europe etc..).
    je m’intéresse d’apprendre la méditation.
    mais je veux savoir , comment je vais communiquer avec le maître de méditation pour comprendre les choses et réussir ?
    Je n’arrive pas lire sur les lèvres pour comprendre les phrases.
    Cordialement
    Michel DEAF
    Michel

    • Pascal Bonnerue a dit :

      Bonjour Michel,

      Je suis désolé de te répondre si tard, mais j’ai eu à régler beaucoup de problèmes personnels ces derniers temps.
      Ton cas n’est pas unique, et c’est vrai qu’un handicap est une vraie difficulté sur la voie spirituelle. Non pas à cause des capacités à la suivre, mais pour avoir accès aux enseignements.

      Ta chance, c’est d’être né à une époque où cela t’es beaucoup plus accessible quand même. Les sourds ne sont plus considérés comme des idiots écartés de l’enseignement et de la culture, et tous les domaines sont librement consultables sous forme de livres ou d’écrits sur internet.

      Pour suivre un enseignement directement avec un maître, c’est effectivement beaucoup plus difficile. La lecture sur les lèvres n’est pas suffisante pour comprendre tout le discours et impose en plus une concentration très intense qui peut rarement être soutenue pendant assez longtemps.
      Pendant la séance de méditation, c’est encore plus aléatoire puisque tu ne peux fermer les yeux sans perdre les repères ou les explications.

      Il faudrait organiser des séances spéciales pour les sourds, avec le support d’écrits en direct, de traducteurs en langages des signes, et d’assistants qui communiqueraient par le toucher durant la méditation elle-même.

      En attendant que ce genre d’enseignement existe, il faut que tu rejoignes des groupes de disciples dans des associations qui suivent un maître particulier, tu y trouveras forcément des amis qui t’aideront en te répétant le contenu de la séance par écrit ou en parlant lentement.
      Tu pourras communiquer avec le maître par écrit, en séance ou hors séance pour que tes questions soient lues et débattues avec les autres.
      Tu devras choisir un compagnon de méditation (ou une compagne) pour communiquer pendant les phases de méditation par le toucher, en définissant un code simple.
      Les non-handicapés n’ont pas conscience des difficultés que tu peux rencontrer, ce sera à toi de créer le protocole.

      Voilà un ensemble de pistes, j’espère que cela peut t’apporter des idées, ce ne sera pas facile de trouver le bon groupe ou les bonnes personnes tout de suite, il faudra faire preuve de patience, supporter les maladresses et les petites cruautés, mais tu dois en avoir l’habitude.

      Bon courage, et tiens-moi au courant.
      Amicalement.
      Pascal.

  2. Bonjour Pascal et merci le lien 😉

    Effectivement, la condition des Sourds dépend de la condition de leur « langue première », la Langue des Signes.
    Toute langue « minoritaire », dans un pays, a besoin de protections, pour exister. Il s’agit donc protéger par des lois, appliquer les droits existants, enfin informer les parents : le diagnostic de la surdité devrait être l’occasion de découvrir cette langue.

    … Va trouver un médecin qui consulte l’enfant et prescrit gratuitement des séances de LSF aux parents !
    C’est rare, mais ça existe ! 🙂

    Quand on peut nourrir le coeur (la famille), le corps (les soins) et l’esprit (école, culture, spiritualité, voyages …) grâce à la Langue des Signes … alors il n’y a plus de situation de handicap. On existe pleinement, on peut s’épanouir … on peut accéder au bonheur.

    En Europe, il y a eu près de 100 ans d’interdiction de la Langue des Signes. Les Sourds ont été maltraités, voir même « soignés » dans des conditions absolument barbares. Ces directives étaient des directives de l’Etat : nationalisme (1 seule langue nationale dans chaque pays, aux détriments de toutes les langues régionales et Langue des Signes) + eugénisme (épurer toutes les couches sociales qui représentent un centre de coût pour l’Etat). L’héritage des Sourds est lourd. Leur Histoire n’apparaît pas dans nos manuels scolaires. La Langue des Signes n’est toujours pas mise à l’honneur dans l’éducation des Sourds (seulement 1% des Sourds accèdent à une scolarité en Langue des Signes jusqu’au bac). La Langue des Signes est langue officielle en France depuis seulement 2005 ! Incroyable, non ?

    L’homme est un être social. La notion de bonheur passe par l’expression de soi.
    On parle d’ailleurs : d’Art-thérapie. S’auto-guérir de ses souffrances par une forme d’art et d’expression.
    … est-ce que ce point sera dans ton prochain article pour accéder au bonheur : « si la communication principale ne passe pas, il est intéressant de trouver un autre moyen d’expression (art, danse, théâtre …), pour arriver à trouver un nouveau flux de communication » ?

    Autre piste pour accéder au bonheur : « que penses-tu de l’équilibre fengshui dans la maison et le jardin, pour aider à réorganiser notre propre image, notre perception du monde, et donc notre communication intérieure-extérieure ? »

    Autre piste encore : « prendre soin de soi, pour mieux aller vers les autres : méditation & hygiène de vie (comment on nourrit son corps, sa tête et son coeur pour accéder au bonheur ?) »

    • Pascal Bonnerue a dit :

      Bravo pour ces pistes intéressantes, qui effectivement seront abordées dans un prochain article.
      Je vois que tu as déjà mené une réflexion personnelle sur ce sujet, c’est très bien, cela devrait faire partie de la mission de vie de tout être humain.

      Je comprends bien le problème de la langue unique, je suis breton d’origine et j’ai presque oublié ma langue bretonne, qui a subit une guerre impitoyable de la part de la France à travers les époques. À tel point que mes grands parents refusaient de parler breton, langue « arriérée » et ne l’ont pas transmise à mon père. C’est enfant, par le reste de la famille et d’amis que j’ai pu parler un peu breton.

      le problème n’est pas jeune puisque le mot « barbare » vient des onomatopées que faisaient les grecs anciens pour imiter ceux qui venaient d’ailleurs et n’émettaient que des sons qui semblaient inarticulés. De ce fait, celui qui ne parlait pas la langue commune était vu comme un imbécile, un arriéré ou un sauvage.

      De même lorsque les gens ont affaire à un muet, ils l’imaginent également sourd et souvent idiot.
      L’homme est une machine à communiquer, et l’incapacité de le faire le plonge souvent dans une angoisse qu’il fait rejaillir sur l’autre.

      Ceci aussi est un sujet à développer, même s’ils sont fautifs, les gens qui refusent la langue des signes le font pour masquer leur propre angoisse. C’est une solution de facilité que de diminuer l’autre et de le mettre à l’écart.

      De ton côté, si tu connais des expériences de méditation chez des sourds, ou des démarches spirituelles dans cette population, c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup.
      Je n’ai jamais eu la chance de pouvoir échanger sur ce sujet et je suis sûr qu’il y a beaucoup à apprendre.

      A bientôt.

      • A propos de méditation, on m’a dit qu’il existe depuis 2-3 ans un CD ou DVD, pour les Sourds. Le bouche-à-oreille : la personne qui m’a parlé de ça n’a pas pu me donner les références. J’ai cherché mais je n’ai pas trouvé.
        Par contre, si tu est intéressé pour échanger avec une personne Sourde qui fait de la méditation, tu peux me contacter en privé 😉

      • Marie Apoline a dit :

        Bonjour,
        Je viens de me connecter sur ce site et j’aimerai avoir la référence des DVD en LSF concernant la méditation pour ma fille sourde si c’est possible. Merci de me contacter. Belle journée.

      • Pascal Bonnerue a dit :

        Bonjour Marie,
        Désolé, mais je ne connais pas d’édition en LSF concernant la méditation.
        Le problème est effectivement difficile, elle ne peut passer que par la lecture pour s’entraîner, ou avoir l’assistance d’un maître ou d’un professeur en méditation qui puisse s’occuper d’elle pendant les séances.
        Seule, elle peut se préparer un programme avec un minuteur vibrant pour le rythmer.
        Si vous-même trouvez quelque chose, merci de nous en faire profiter.
        Pascal.

  3. Bonjour Pascal,
    Bravo pour cet article.
    Je le trouve intéressant, car il reflète le dernier article que je viens d’écrire sur le diagnostic précoce de la surdité. Ce lien pourra paraître surprenant … et pourtant, c’est si proche !

    Ce sentiment de recherche de « bonheur » reflète tout à fait le sentiment partagé au sein de la communauté Sourde : les Sourds accèdent à leur identité, puis à la porte du bonheur, si on leur accorde leur droit à la Langue des Signes.

    Le fait de supprimer (voler!) la Langue des Signes aux Sourds, constitue un génocide politique et social, de toute une communauté et culture.
    Lorsque les Sourds sont brimés (en faveur principalement des langues parlées), cette discrimination s’appelle l’audisme.

    A propos du diagnostic précoce de la surdité à J+3 après la naissance des enfants : 99.9% d’erreurs ! Cela fait beaucoup « trop » de familles qui dépriment et qui rentrent inconsciemment dans la spirale de dépendance du système médical, avant même d’avoir eu LE TEMPS d’AIMER son enfant, de créer les premiers LIENS d’ATTACHEMENT, nécessaires à la construction du bébé.

    Et pour les 0.1% de diagnostics valables, il n’y a aucun accompagnement en Langue des Signes, identité des Sourds, droit de naissance. Où est le « libre » arbitre des parents, le libre choix de langue, de soins et d’éducation bilingues LSF ?
    Quand le choix proposé par l' »Autorité » se fait entre « une dépendance médicalisée » et « un sentiment de culpabilité » : comment peut-on refuser l’implant cochléaire dès le plus jeune âge … pour laisser ce droit et libre choix à son enfant, comme l’autorise la loi ?

    Enfin quand on « choisit » (malgré soi) de rentrer dans une « dépendance médicalisée » … finalement on devient malade, n’est-ce pas ? Puisqu’on passe sa vie à vouloir en sortir !

    Son propre bonheur, liberté de s’exprimer, d’être entier avec sa propre culture, comment y accéder … quand toute la société est organisée pour forcer le contraire ?

    Béatitude, action … et sainte patience !
    Il ne faut pas négliger l’action du temps : le temps se construit, s’il l’on choisit un point de commencement, et qu’on s’y maintient. La route vers le bonheur ou la béatitude, n’est pas une ligne droite, mais un long chemin sinueux et plein de surprises 😉

    • Pascal Bonnerue a dit :

      Merci Aurélie pour ton commentaire,
      Je suis allé sur ton blog et l’ai trouvé particulièrement intéressant et utile à tous.
      Tu parles de ton dernier article sans avoir fait de lien dessus.
      Étant donné la cause pour laquelle tu agis, je profite de ma réponse pour y inclure ce lien :
      Pourquoi suis-je indignée ? Rejoignez-moi !

      J’encourage mes lecteurs à aller voir ce lien, ainsi que le compte rendu des associations représentatives des sourds qui sont allées voir les représentants du gouvernement.
      Cette histoire de dépistage est incroyable, sans parler du coût que cela entraîne pour la sécurité sociale.
      Ce problème n’est pas politique, puisqu’il couvre l’incapacité d’agir correctement de deux gouvernement successifs aux couleurs différentes, il démontre un aveuglement, une sorte de surdité mentale de la part de personnes qui croient certainement bien faire en allant contre l’intérêt de ceux qu’ils pensent protéger. Et je ne rentre pas dans les considérations financières liées aux bénéfices de certains laboratoires d’équipement ou de certains spécialistes.

      C’est réellement le premier rapport des parents à leur enfant qui est détérioré. Le bébé est particulièrement sensible aux réactions de ses parents, cette première relation est faussée dans la douleur pour toutes ces familles.
      Le soulagement de la majorité des parents qui apprendront plusieurs mois plus tard que leur enfant n’est pas sourd ne compensera pas la destruction de ce premier lien affectif fragile.
      Ce sera encore pire avec les enfants réellement sourds qui seront vus comme malades dès leur plus jeune âge.

      La surdité est un handicap important, c’est vrai, mais ce handicap est presque entièrement compensé par la vie en société et le développement d’une langue des signes avec sa propre culture et ses propres avantages sur une langue parlée. À condition que la société ne détruise pas ces possibilités.

      Encore une fois, l’ignorance, l’aveuglement et les à-priori s’opposent aux solutions permettant d’aller de l’avant, heureusement qu’il y a des gens comme toi qui se battent contre cela.
      Bonne chance pour ton blog et ton action.

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