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Connaissance et intelligence, partie 1

Cet article est long et dense, j’ai donc décidé de le séparer en deux parties qui paraîtront de façon plus rapprochées, cela compensera cette première partie qui paraît avec un peu de retard.

Dans le dernier article sur « la mémoire », je vous avais dit que tout le monde était capable d’en donner une assez bonne définition.
Concernant l’intelligence, c’est autre chose.

Très peu de personnes vous donneront spontanément une définition satisfaisante de l’intelligence.

C’est un peu comme la pensée, on s’en sert, mais on ne sait pas de quoi c’est fait.

En général, on va essayer de donner une définition qui nous semble posséder des qualités dont nous sommes pourvus. Il n’y a pas de raison de se considérer comme bête, ça ne serait pas intelligent.

Quelle est la définition

Les dictionnaires eux-mêmes ne donnent pas de définition claire et directe :

  • Faculté de comprendre, de connaître, de saisir par la pensée.
  • Aptitude d’un être vivant à s’adapter à une situation nouvelle, à comprendre et à résoudre certaines difficultés, à donner un sens aux choses qui l’entourent, à agir avec discernement.

Intelligence vient du latin intelligentia qui signifie aptitude à comprendre.

Ce qui ressort de toutes ces définitions, c’est que l’intelligence est la faculté de comprendre.

Mais alors, qu’est-ce que la compréhension ?

Plusieurs dictionnaires nous donnent des définitions du genre percevoir avec intelligence, ou bien faculté de comprendre, intelligence…

Bref, on tourne en rond.

Pour « comprendre », j’ai trouvé dans le dictionnaire « Antidote » quelque chose de mieux :

  • Accéder au sens de, découvrir.

Bon, c’est un peu mieux. Il faut de l’intelligence pour comprendre, pour accéder au sens, pour découvrir. Cela reste flou.

Une définition plus précise

Je vais donc me substituer au dictionnaire pour donner des pistes puis une définition.

Prenons des objets bruts, des pierres, des morceaux de bois, des objets non façonnés.
Il n’y a pas besoin d’intelligence pour les découvrir.
Par contre, lancer un caillou ou utiliser un bâton pour obtenir un résultat, comme faire tomber

un fruit trop haut pour pouvoir le cueillir. Voilà qui démontre de l’intelligence.

Brusquement, un caillou n’est plus une pierre inerte, cela devient un outil. En quoi ce caillou est-il différent ?

Essayez de répondre vous même à cette question…

Comment attraper un fruit trop haut

Certains d’entre-vous, vont se placer comme un occidental moderne sur le plan externe à l’esprit, sur un plan matériel et descriptif du monde.

Ceux-ci répondront qu’il n’y a aucune différence, que le caillou est resté inchangé.

D’autres, plus portés sur la philosophie, se placeront sur le plan de l’esprit et de la perception.

Ils répondront que ce caillou n’est plus tout à fait le même, car il possède maintenant une fonction. Et selon sa fonction un objet peut changer de nom, ou s’en voir attribuer de

nouveaux, tels qu’un « attrape-fruit » ou une arme.

Les deux approches sont justes même si elles semblent inconciliables lorsqu’on les exprime.

Matériellement, la pierre est toujours un pierre. Mais elle possède maintenant une ou plusieurs fonctions, où se trouvent ces fonctions ?

Dans l’esprit de celui qui a fait le lien entre la pierre et le fruit.

Et c’est là que se trouve l’intelligence :
dans le lien.

Préhistoire de l’intelligence

Notre individu a trouvé un moyen de faire tomber le fruit avec sa pierre.

C’est très intelligent, il a fallu prévoir ce qui allait se passer, en s’appuyant sur l’expérience : un fruit, ça tombe ; une pierre on peut la lancer.

En fait, ce sont plusieurs liens qui sont établis, extérieurs entre la pierre et le fruit, et intérieurs entre les souvenirs des expériences, la faim, et les objets perçus.

Un deuxième individu observait la scène,

« Groumph ! » s’est-il dit en lui-même, ce qui signifie « Génial ! ».

Ce deuxième individu, lorsqu’il aura faim et qu’il trouvera une situation similaire, reproduira la technique.

Il aura besoin de moins d’intelligence puisqu’il n’aura que le lien entre cette expérience et sa situation à établir.

En établissant des liens entre des besoins plus complexes, des objets plus évolués, on fabrique des machines.

Voilà donc une nouvelle définition de l’intelligence :

  • Capacité à utiliser ou à créer des liens, des relations entre des éléments de toutes natures.

Et la mémoire ?

Nous avons déjà parlé de la mémoire.

La mémoire permet d’acquérir des connaissances. Qui peuvent être des savoirs-faire, ou des connaissances brutes d’objets ou de listes d’objets.

Objets et Liens

L’intelligence permettra de créer des relations, de tisser des liens entre ces connaissances et entre des concepts.

Les objets qui nous entourent deviennent de nouveaux objets, ne possédant pas qu’un poids, une couleur ou un aspect.

Ils deviennent des objets dotés de fonctions. Des fonctions qui peuvent augmenter le discernement, entre un caillou rond et un autre plat par exemple, qui seront dotés de fonctions différentes.

Avec une intelligence plus vive, les liens se font entre réel et virtuel, dans l’espace mais aussi dans le temps.

Par exemple, pour atteindre mon fruit, je n’ai pas de caillou. Je regarde autour de moi, je mémorise les objets, et j’imagine de nouvelles fonctions qui me permettraient de résoudre mon problème.

II me faudrait un bras plus long… Ou utiliser un bâton pour atteindre mon fruit.

Je n’ai plus qu’a chercher un bâton. Ce n’est qu’un exemple rudimentaire, j’ai fait le lien avec un objet virtuel, qui n’est pas dans mon environnement.

En allant plus loin, je peux imaginer des solutions encore plus indirectes.
Imaginer quelle machine créer pour réaliser une fonction, puis imaginer quelles améliorations apporter.

Des pierres dotées de fonctions, liées aux autres

Plus loin encore…

Beaucoup plus fort : pouvoir imaginer quel détournement d’objet pour créer une nouvelle possibilité.

Peu de gens en sont vraiment capables, il faut pouvoir « penser autrement », car en général, on mémorise les objets qui nous entourent avec leurs fonctions, et on bloque pour en imaginer de nouvelles.

Enfin, viennent les hypothèses, pour arriver à ce que je vois ou ce que je veux obtenir fonctionne, il faut imaginer que les lois de la

nature qui m’environnent soient comme ceci ou comme cela, il me faut d’abord trouver le moyen de prouver telle ou telle hypothèse pour continuer dans telle ou telle voie.

On crée ainsi des liens entre des objets et des « trous » qu’il faudra combler par des concepts.

On fabrique un objet virtuel doté des fonctions qui nous sont nécessaires, puis on recherche cet objet dans la réalité, ou on le crée dans la réalité.

La suite dans quelques jours…

Cet article est un gros morceau, mais le sujet est passionnant.

Il y a déjà beaucoup de concepts dans cette première partie, et il vous faudra patienter quelques jours pour lire la suite.

En attendant, réfléchissez bien sur ces concepts,
et relisez l’article « Quel est le poids d’un poème ? ».
En poussant leur réflexion, certains d’entre-vous vont probablement découvrir des choses étonnantes sur la nature de l’esprit et de l’intelligence.

N’hésitez pas à les partager sur le site.

A suivre très bientôt…

3 commentaires pour Connaissance et intelligence, partie 1

  1. Geneviève Joubert a dit :

    Bonjour Pascal,
    Oui vous avez bien répondu à ma question je vous en remercie.
    Bien cordialement.
    Geneviève

  2. Geneviève Joubert a dit :

    Bonjour,
    Comment est-ce que je peux accéder à votre commentaire sur la connaissance et l’intelligence partie 2, SVP ?
    Je vous remercie d’avance pour votre réponse.
    Bien cordialement.
    Geneviève J.

    • Pascal Bonnerue a dit :

      Bonjour Geneviève, Sur les articles un peu anciens, il n’est effectivement pas facile d’y accéder directement.
      Une bonne méthode c’est d’aller dans le « plan du site » qui est accessible par le menu, et de rechercher l’article correspondant, ils sont classés par ordre alphabétique.
      Concernant « connaissance et l’intelligence partie 2 », pour faciliter le travail, j’ai inséré un lien ici même.
      En espérant avoir répondu.
      Très cordialement.
      Pascal.

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