Mandala

Géométrie de la conscience

Quel drôle de titre !

La conscience aurait-elle une forme ?

En fait, nous allons essayer de définir la conscience, comme on analyserait quelque chose de matériel, possédant une forme, un aspect ou résidant en un lieu.

C’est une approche naturelle que nous avions appliquée à l’esprit.

Leonardo da Vinci - l'homme de Vitruve

Où est la conscience ?

On peut souvent dire que notre conscience est fixée sur un objet, ou sur la respiration.

Notre conscience serait-elle donc quelque chose qui se déplacerait hors de notre corps, ou dans notre corps, pour se fixer sur l’objet de notre attention ?

Nous parlons bien de conscience telle que nous l’avons définie dès le premier article de ce blog Les trois piliers de l’éveil de la conscience.

Il ne s’agit pas du terme « esprit », dont nous avons commencé à donner peu à peu une autre définition.

Donc, nous percevons grâce à notre conscience, elle nous permet d’agir.

Pourquoi dit-on couramment qu’elle se fixe sur un objet ?

Il s’agit bien sûr d’un abus de langage, si nous fixons notre conscience sur une tasse posée sur la table, notre conscience ne va pas quitter notre corps et se balader dans la pièce avant de se poser comme un oiseau sur le rebord de la tasse.

L’esprit duplicateur

En fait, notre conscience va se fixer sur la perception visuelle de notre tasse.
Notre esprit va créer un double mental de la tasse auquel notre conscience va avoir accès.

C’est sur ce double que nous pouvons nous concentrer.

Le terme « double » est impropre, mais il est très explicite.
Notre esprit va créer une construction mentale « utilitaire » de la tasse.
« Utilitaire » parce que nous allons percevoir un objet, dont les couleurs sont perceptibles par nos yeux, dont on imagine l’espace occupé et la dureté du matériau, de façon à prévoir le mieux

possible la sensation que l’on aura en touchant cet objet, et l’endroit où diriger notre main pour l’atteindre.

Ce procédé, bien qu’illusoire, est très perfectionné.
Nous ne percevons pas qu’une tasse, mais une création mentale possédant plus de qualités que l’original.

Ce n’est pas seulement une tasse, mais un matériau, une fragilité, une fonction, un nom et d’autres caractéristiques qui en réalité appartiennent indirectement à l’objet perçu, ou n’ont pas de rapport avec lui, mais avec nos affects, nos expériences, voire notre humeur.

Faisons une petite expérience.

tasse japonaise

Concentrons nous sur notre tasse, si vous n’en avez pas, prenez un objet quelconque, un verre par exemple.

Soyons bien « présents » dans cette concentration, sans pensée parasite, totalement fixés sur la tasse.

Puis fermons les yeux en conservant l’image de notre tasse.

Nous ressentons un déplacement de la conscience visuelle, nous étions « sur » la tasse, nous sommes maintenant en nous-même… mais nous conservons l’image de la tasse.

Doucement, les yeux toujours fermés, attrapons notre tasse.

Que s’est-il passé ?

La plupart d’entre vous y sont arrivés sans difficulté.

Pourtant, dans cette action, vous avez dirigé votre main vers votre réplication mentale de l’objet, et il se trouve que celle-ci correspondait bien à l’objet réel.

Vous avez non seulement créé une image de la tasse, mais un espace en trois dimensions

où vous avez placé volontairement cet objet ainsi qu’involontairement les obstacles éventuels.

C’est très fort n’est-ce pas ?

Ceux qui ont une faible opinion d’eux-même devraient réfléchir à cette expérience, ils prendraient conscience de l’immense pouvoir qu’ils détiennent dans leur esprit.

Le déplacement intérieur

Pour les plus sensibles d’entre vous, ceux qui ont déjà un peu pratiqué la méditation, ou une forme assez intense de concentration au travers d’autres activités (arts martiaux, musique, calligraphie…), vous devez avoir senti une sorte de déplacement de votre conscience.

C’est difficile à décrire mais ceux qui l’auront ressenti comprendront sans ambiguïté.

Ce déplacement s’est produit à la fermeture des yeux, à l’évocation de l’image mentale de la tasse, puis au moment précis où votre main touchait la tasse.

Enfin, cette sensation a eu lieu à la réouverture de vos yeux.

Cette expérience est assez facile, ceux qui n’ont pas ressenti ces étapes peuvent s’entraîner, cela va venir assez vite.

Avec de la pratique, vous pourrez ressentir ce déplacement de conscience en toute occasion.

Lorsque quelqu’un se met à parler, lorsque vous apercevez un oiseau, lorsque vous pensez à quelqu’un.

La conscience se déplace-t-elle vraiment ?

Oui et non.

Non parce qu’elle ne quitte pas votre environnement corporel et mental.

Oui parce qu’elle effectue de petits mouvements en direction des objets mentaux, des doubles créés par votre esprit dans un espace virtuel.

Une illusion d’optique, ou un objet n’ayant pas le poids ou la consistance prévus, vont créer un choc plus ou moins grand dans votre conscience.

Ce choc est souvent évacué par le rire quand aucun danger n’a accompagné l’expérience.

Lorsque je vous parle de déplacement de la conscience, je ne parle pas de décorporation.
La décorporation est un autre phénomène dont nous reparlerons un autre jour.
Ce phénomène est appelé une OBE chez les anglo-saxons, pour « Out of Body Experience » (expérience de sortie hors du corps).

Notre conscience a donc une position virtuelle.

A-t-elle une forme ?

Non, nous pouvons imaginer un corps virtuel doté de toutes les capacités perceptives de la conscience, mais ce n’est pas la conscience, c’est un double, une image mentale de soi, créée par notre esprit.

Notre conscience semble être ponctuelle, sans dimension.

Aspect qualitatif de la conscience.

Par contre, notre conscience possède une acuité très fluctuante.

Ainsi, il nous arrive d’être particulièrement fatigués, et notre conscience fonctionne mal, les perceptions sont floues, notre concentration est difficile, nos réactions inadaptées.

Nous sommes irritables, nous avons du mal à comprendre, nos souvenirs sont difficilement accessibles.

Si nos images mentales, que notre esprit a créées pour nos perceptions conscientes, sont

floues, il est normal que nous ayons du mal à nous concentrer dessus.

À d’autres moments, nous avons une « pêche » extraordinaire.
Tout est net, les autres semblent lents.

Nous comprenons au quart de tour et nous nous concentrons immédiatement sur n’importe quel objet.

Notre esprit est brillant, notre conscience performante, nos souvenirs sont nets et viennent sans effort.

La conscience fluctuante

Lorsque nous sommes hébétés par la fatigue ou les drogues, nous pouvons nous comporter très mal, nous n’avons pas accès à notre « moi supérieur », celui qui a l’esprit clair.

Lorsque nous sortons de cet état, nous nous souvenons hélas de notre état précédent.

Souvent avec honte, sachant que nous avons pu blesser des personnes qui nous sont chères.

On dira que les mots ont dépassé notre pensée, que nous ne voulions pas dire ou faire cela.
Mais sans trop y croire.

Parfois, les mécanismes de défense de notre esprit escamotent ces souvenirs pénibles.

Nous avons malgré ces différences de comportement le sentiment que nous sommes toujours les mêmes, et c’est cela qui est incompréhensible pour les autres, mais aussi pour nous-même.

On pourrait croire qu’il s’agit de deux personnes différentes.

Dr Jeckyll et Mr Hyde !

Des aspects qui semblent permanents

En cherchant bien, on retrouve nos habitudes de pensée, nos préconceptions, et nos façons d’aborder un problème.

Ce sont des éléments qui semblent rester inchangés, mais dans un univers différent, tantôt net, tantôt flou.

Parfois délirant si nous sommes sous l’effet de drogues, d’alcool ou que nous perdons nos facultés mentales suite à une maladie ou un accident.

Je développerai ces notions de préconception dans un prochain article sur le concept de Karma.

Conclusions

Notre conscience n’a pas de forme mais elle dispose de dimensions.

Elle est localisable dans le monde réel où elle fait partie de notre esprit et, en règle générale, accompagne notre corps.

Elle est localisable dans un espace mental

à trois dimensions spatiales et une dimension temporelle qui est notre perception finale et utile d’un monde réel, avec lequel nous interagissons.

Elle possède des qualités dépendantes du milieu spirituel où elle s’exprime.

L’échelle de l’éveil

Notre conscience est comme localisée sur une sorte d’échelle de l’évolution spirituelle.

Vers le bas, nos instincts et besoins primaires et vers le haut, nos capacités de compréhension et nos perceptions les plus fines.

Notre esprit comporte la totalité de l’échelle, mais nous ne voyons que les barreaux et le « paysage » qui sont à notre niveau ainsi que ce qui se trouve plus bas.

Notre conscience a donc un torticolis, qui l’empêche de voir vers le haut.

Pour voir ce qu’il y a plus haut, une seule solution : grimper !

échelle de la conscience

Exercices

En attendant, amusez-vous avec des expériences telles que celle de la tasse, et cherchez à ressentir cette sensation de déplacement de la conscience.

La notion de temps existe aussi.
Lorsque vous serez à l’aise avec l’expérience de la tasse, expérimentez l’espace-temps complet en cherchant à attraper une balle au rebond…

les yeux fermés !

Ces exercices, utilisables dans les arts martiaux intérieurs, vous donneront des acquis pour une méditation d’un genre très particulier, et à ma connaissance, enseignée nulle part en occident.

Nous verrons cela un peu plus tard.

À bientôt.

Un commentaire pour Géométrie de la conscience

  1. Scheren francoise a dit :

    Infos à suivre / merci Francoise

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