Mandala

Les bases de la méditation

Dans cet article, j’ai voulu vous faire cadeau d’une véritable initiation.

Ce sera donc un article long, impossible à couper en morceaux, mais je l’ai voulu complet et vous verrez qu’en fin de compte, il y aura plein de points à approfondir.

N’hésitez pas à me laisser vos commentaires et à poser des questions, que vous soyez débutant ou que vous ayez déjà une expérience régulière.

Enfin nous allons passer à la pratique !

Nous allons dans cet article décrire le déroulement d’une séance de méditation du type concentration. Cette méditation est à la base de toutes les autres pratiques.

C’est la première forme de méditation qu’a enseigné le Bouddha, mais on la retrouve à quelques détails près dans d’autres traditions.

Il y a quand même quelques petites choses à savoir avant de commencer.
D’abord, notre but est de devenir de meilleurs êtres humains et pour nous y aider, nous avons pris la décision d’ouvrir notre esprit en éveillant notre conscience. Il faut donc s’assurer que nous suivons les trois piliers, puis que notre activité, notre pratique méditative suive bien les trois étapes, tout en observant les trois aspects.

Facile : trois fois trois choses à avoir à l’esprit. Je vais vous les rappeler brièvement au cours de cette initiation, sachant que ces 3×3 devront imprégner toutes vos pratiques futures.

Les 3 piliers :

l’activité, qui sera notre séance complète de méditation.
La connaissance, qui sera appliquée ici en tant qu’instructions pour bien méditer, puis celle que vous aurez acquise par la méditation.
La méditation… eh bien, c’est l’objet central de cette activité.

Nous entrons avec les autres triplets directement dans l’action.
L’activité :

Phase préparatoire

Méditation en tailleur

Comme nous l’avions vu, choisissez un moment et un lieu propices.
Assurez-vous que l’endroit où vous allez méditer est propre, sain, silencieux, agréable et confortable.

Coupez votre téléphone, prévenez les gens avec qui vous vivez que vous voulez ne pas être dérangé pendant la prochaine demi-heure.

Désaltérez-vous et assurez-vous de ne pas avoir faim, en mangeant et buvant sans excès, au moins une demi heure avant de commencer… et « prenez vos précautions ».

Utilisez des vêtements amples, confortables, voire votre pyjama. Pour éviter d’avoir froid à rester sans bouger, mettez une couverture ou un sweetshirt, mais restez à l’aise.

Asseyez vous confortablement de façon à avoir la colonne vertébrale droite et les mains qui pourrons reposer l’une sur l’autre naturellement, sur vos genoux, sans effort.

De préférence, asseyez-vous sur un petit coussin rigide posé au sol.
Si vous êtes souple, mettez vos jambes en demi-lotus, si aucun effort ni aucune douleur ne sont provoqués par cette posture.
Si vous êtes un dieu, mettez-vous en lotus, et si vous êtes un humain normal, mettez-vous en tailleur.

Protégez vos genoux du sol, la moindre gêne peut devenir une grande douleur au bout d’un moment, voire un vrai problème physique à la longue.
Enfin, pour celles et ceux qui ne peuvent tenir au sol jambes repliées, choisissez une chaise ou un tabouret qui vous permettra de ramener les pieds sous les fesses pour tenir sans dossier et sans crispation, le dos droit.

Méditation sur une chaise

La tête est droite elle aussi, légèrement penchée en avant pour que les vertèbres dorsales soient droites, votre regard est posé quelque part devant vous au sol, si vous êtes assis par terre, vous regardez une zone située à un mètre de vous environ.
Selon l’habitude, vous préférerez garder les yeux ouverts ou semi-ouverts, sinon, pour débuter, vous pouvez les fermer ce qui vous évitera d’être perturbé par vos clignements, ou vos larmes si vos yeux restent ouverts.

Super, nous sommes prêts…

Pas tout à fait encore, exprimons notre but : «
– Je vais mener cette méditation pour apprendre à contrôler mon esprit, devenir meilleur et plus efficace dans tout ce que j’entreprends. »

C’est l’idée générale, vous pouvez l’adapter, à condition de ne pas être négatif et de ne pas vouloir nuire aux autres.

La méditation elle-même.

Elle est imprégnée des trois aspects :

  • l’actions à entreprendre
  • l’attitude à adopter
  • l’attention dans l’action

L’attitude est posturale et mentale. Le dos est droit, le corps est détendu et discipliné en même temps.
Le mental doit être prêt lui aussi, on laisse ses problèmes immédiats « au vestiaire » on vient d’énoncer le but de notre pratique d’aujourd’hui et on ne se laisse distraire par rien d’autre.

L’attention va être maintenant le moteur de notre concentration.

C’est parti !

Nous sommes seuls et tranquilles : sûrs de ne pas être dérangés, ce moment et ce lieu sont totalement à nous.

Notre position est droite, notre corps est détendu, notre esprit suit la même attitude : il est droit, et détendu.

Notre respiration doit être calme, profonde et naturelle, c’est à dire non forcée à suivre un rythme ou une amplitude, si elle ralentit se doit être naturellement.

1ère phase

1ère respiration :

Nous allons porter notre attention sur notre respiration.

Nous allons simplement nous concentrer sur elle et uniquement sur elle.

Nous allons prendre conscience de l’air qui entre par notre nez, et qui emplit nos poumons.
Nous gardons toute notre attention sur nos poumons qui s’emplissent, notre ventre qui se détend et semble s’emplir lui aussi.

Nous allons ressentir cet air qui entre, nos poumons qui se remplissent et le bien-être qui en découle.

Pendant un instant, l’air reste en nous avant d’être expiré,
Puis cet air est expulsé doucement, naturellement, et nous restons concentrés sur lui, son trajet, sa température plus douce.

Nous gardons notre attention parfaitement claire sur cette expiration, notre poitrine qui s’affaisse, notre ventre qui semble diminuer.

Nous restons parfaitement attentifs mais détendus, et notons mentalement le bien-être ressenti pendant cette expiration.

Pendant un instant, avant d’inspirer de nouveau, notre corps est à l’arrêt.
Nous comptons "1", puis l’inspiration reprend.

Respiration 2 :

La deuxième inspiration se produit, en général, l’attention est excellente durant la première respiration, puis elle se dégrade dès le début de la seconde… Pourquoi ?

La mise en œuvre de l’habitude : notre esprit est très performant, il est capable à partir de cette première inspiration de créer un schéma qui lui évite de devoir rester concentré sur les suivantes, afin d’être disponible pour d’autres tâches, d’autres réflexions.

Mais dans le cas de cette méditation, nous voulons maîtriser l’esprit et le sujet de son attention. Nous allons donc augmenter notre concentration sur la respiration pour suivre parfaitement, sans distraction et sans perte d’acuité, cette deuxième respiration, comme nous l’avons suivie précédemment.

Respiration 3 :

Troisième respiration. L’effort de concentration doit être augmenté légèrement, mais sans crispation. Cette troisième respiration devrait sembler meilleure que la seconde. Prêtez bien attention aux sensations de bien-être provoquées par l’inspiration et l’expiration, mais sans vous y attarder, sans ajouter de jugement de valeur, de réminiscences ou d’autres facteurs puisés dans votre esprit.
C’est une constatation, passive, ancrée uniquement dans le présent.

Dès la fin de cette respiration, faites une pose… Vous avez compté "3".

Phase 2 : pose et bilan.

Vous avez dû être soumis à deux défauts de la concentration :
La distraction
La torpeur
Et peut être à un troisième : la tension excessive, la crispation.

Il est important de les reconnaître dès maintenant. La distraction, trouble l’objet de concentration en attirant l’esprit ailleurs, elle est assez facile à reconnaître.
Ce peut être l’apparition de pensées ou d’images mentales parasites, mais aussi l’expression de pensées intérieures exprimées : « super j’y arrive ! » Ou bien « je me concentre, je sens ma respiration », etc..

La torpeur est plus insidieuse, elle donne l’illusion d’une bonne concentration car aucune pensée parasite ne vient troubler l’exercice.
Mais l’objet sur lequel on se concentre devient moins présent, moins clair et finalement disparaît en laissant l’esprit vide un moment. Cela peut conduire à une distraction « molle » ou carrément à l’endormissement.

Mais souvent la torpeur peut être maintenue, et beaucoup de méditants s’y laissent prendre et pensent faire de très bonnes séances de méditation, très longues et non perturbées.

C’est encore plus vrai avec des méditations sans objet du type Zen qui demandent justement une bonne maîtrise du mental pour éviter cela.

Phase 3 : répétions et allongement.

Reprenons les trois premières phases en même temps mais en allongeant le temps de méditation. Comptons 12 respirations complètes, puis une détente avec un bilan.
Puis nous allons répéter encore une fois ces 12 respirations suivies d’un bilan.

Au total, nous aurons fait 3 respirations, puis 2 fois 12 respirations. Ce sera tout pour une première séance.

La capitalisation : la dédicace

Passons à la conclusion, les yeux bien ouverts, toujours en posture de méditation, nous allons capitaliser, ce qui forme la troisième partie de l’activité.
Nous observons nos réussites durant la séance, nous nous persuadons d’être capable de corriger nos défauts, et dédions les bénéfices de cette pratique à quelque chose de vertueux : « 
– tous mes progrès, je les dédie à l’obtention d’une maitrise de mon esprit et de mes émotions pour pouvoir être plus attentif et ouvert aux autres. «

Pour certains d’entre vous, cela paraîtra assez grotesque de vouloir être meilleur pour aider les autres. Il faut comprendre que les bienfaits d’une pratique sont mieux enracinés si cette dédicace est faite, et ils sont plus grands si une pensée vertueuse accompagne cette pratique.

Même si vous n’êtes pas convaincu, prenez-en l’habitude,

je reviendrai sur ce point dans un autre article, étayé par des recherches scientifiques récentes.

La séance est finie, félicitez-vous, détendez-vous, prenez cinq minutes de récréation avant de retourner à votre quotidien. Puis récompensez-vous par une boisson ou une petite gourmandise, pour fêter ça et vous motiver pour la séance de demain au niveau le plus primal.

Soyez régulier dans votre pratique, une fois commencée, la méditation doit être pratiquée quotidiennement, et régulièrement, sinon vous n’aurez aucun progrès. Choisissez si possible une heure fixe de la journée ou vous serez en forme. Le matin est l’idéal pour avoir l’esprit clair.

Ceci n’est que le tout premier niveau, d’autres viendront, mais on pourrait passer sa vie avec ce seul exercice en continuant de s’améliorer.

Progressions

Continuez au rythme de 3 respirations plus 2 séries de 12 jusqu’à ce que vous vous sentiez parfaitement à l’aise et capable de mener ces méditations sans défaut. Je pense qu’en une semaine, cela devrait être maîtrisé, mais certains mettront plus de temps et d’autres moins.
Ensuite, augmentez les séries de 12, en faisant 3 respirations plus 3 séries de 12, puis 4, jusqu’à 5.

Si vraiment, vous restez parfaitement concentré pendant les 5 séries, augmentez les respirations : commencez vos séances par une série de 7, suivie de deux de 21.

Ensuite, eh bien il y aura d’autres articles qui amélioreront ces exercices en ajoutant d’autres types de concentrations, mais nous verrons cela plus tard.

N’hésitez pas à me poser des questions dans les commentaires.

À très bientôt.

22 commentaires pour Les bases de la méditation

  1. Michel a dit :

    Bonsoir Pascal ,merci pour votre réponse
    J’aurais une autre question pour vous, lorsque je méditais auparavant sur la musique , j’entendais les vers d’oreilles, ce qui m’aidais à faire la différence entre la ‘vrai » musique de celle qui était dans ma tête. Maintenant , je n’entends plus ces vers d’oreilles , lorsque je médite sur la musique. Sauriez vous pourquoi??
    Merci
    Michel
    Bonne fin de soirée à vous

  2. Michel a dit :

    Bonjour Pascal
    J’aimerais revenir sur une notion que vous m’avez parler et que je n’ai pas bien saisi; lorsqu’on dt qu’au début de la seconde notre esprit mets cette respiration en automatique. Comme cela se passe-t-il , la mise en oeuvre de la respiration en automatique??
    Comment moi je perçois cette respiration en automatique??

    Merci et bonne fin de journée
    Michel

    • Pascal Bonnerue a dit :

      Désolé pour cette réponse tardive, j’ai profité de quelques temps de vacances.
      La respiration est volontaire et contrôlée par la conscience, contrairement à d’autres processus vitaux comme la circulation (le cœur possède son propre réseau nerveux de commande autonome, indépendant du système nerveux central). Toutefois, sans être indépendante, la respiration a lieu même lorsqu’on n’y pense pas. Elle est alors commandée par un réflexe, c’est ce que j’appelle la respiration automatique. Le rythme et la profondeur de cette respiration automatique peuvent être influencés par la pratique de la méditation.
      De façon générale, l’état de détente et le rythme volontaire imposé peu avant ce lâcher-prise sur la respiration, induisent une continuité par imitation réflexe lors du passage en respiration automatique. Le lâcher-prise est à entendre ici comme un détournement de la volonté de contrôle sur la respiration.

  3. Michel a dit :

    Merci énormément pour vos réponses , je suis désolé si je vous en poses autant
    Merci
    Michel

  4. Michel a dit :

    Je m’excuse encore avec mes questions, mais que veut-on dire par les habitudes anciennes ou nouvellement créés. Quels sont ces habitudes. Est-ce que ce sont ces habitudes, qui sont les schémas décrits dans votre article ?
    Merci encore de bien vouloir répondre à ma question
    Michel

    • Pascal Bonnerue a dit :

      J’ai déjà répondu sur ce point dans les commentaires un peu plus bas. Vos questions me motivent à créer un article sur ce sujet.
      Mais en attendant, pour résumer rapidement :

      – L’esprit perçoit et rapproche ses perceptions d’expériences mémorisées.
      – L’existence d’une répétition où d’une ressemblance avec une expérience préalable crée un schéma conceptuel ou comportemental.
      – Si une perception se rattache à un schéma précédent, cela renforce ce schéma mental.
      – L’utilisation d’un schéma mental crée une habitude.

      Quand je parle d’habitudes « nouvellement créées », il s’agit d’un schéma mental qui fonctionne.
      Si ce schéma est conceptuel, cela donnera l’habitude de voir et de comprendre certaines choses à travers une expérience répétée.
      Si ce schéma est comportemental, cela donnera des habitudes d’actions et de réactions.

      Ces schémas, ces habitudes, permettent d’utiliser moins d’effort de concentration sur des actions qui deviennent ainsi automatiques. L’esprit devient alors libre pour d’autres activités. C’est donc une aide, qui permet par exemple de conduire sa voiture et de changer de vitesses (pour les boites manuelles) sans monopoliser son attention sur cette action. C’est aussi un frein qui rend difficile le contrôle volontaire de son esprit sur un objet de notre choix avec toute la concentration voulue.

      Je trouve vraiment très bien que cette question soit devenue aussi importante pour vous, car cela touche un fonctionnement intime de l’esprit, et en allant plus loin, permet de comprendre les différences de réaction et de conception face à des situations ou des idées identiques.

  5. Michel a dit :

    Rebonsoir Pascal,
    Il est dit que pour voir nos pensées automatiques, il faut s’en éloigner. Comment la méditation nous aide-t-elle à nous éloigner de celle-ci et du même coup nous aider à les voir
    Merci
    Michel

    • Pascal Bonnerue a dit :

      Les pensées automatiques dont vous parlez peuvent aussi être appelées « pensées parasites » dans le cadre d’une concentration.
      Ceci parce qu’elles apparaissent sans que nous l’ayons souhaité consciemment, comme si elle avaient leur volonté propre.
      Le méditant choisit un « objet » mental de méditation, tel que sa respiration par exemple. Le débutant en méditation, voire parfois même l’expérimenté, vont avoir des pensées parasites qui vont passer dans leur esprit en affaiblissant la clarté de l’objet de leur concentration. Dans la méditation en tant que concentration (il existe plusieurs formes de méditations), le but est d’éradiquer totalement toute pensée parasite. Dans une concentration, l’apparition des pensées parasites sera d’autant mieux détectée par le méditant que celles-ci seront différentes de l’objet de concentration.
      Pour ceux qui ont eu cette expérience, c’est comme vouloir faire une belle photo, soigner son cadrage et choisir l’ouverture, et brusquement, voir passer dans son viseur des promeneurs inattendus… On garde le cadrage, et on attend que les promeneurs parasites sortent du cadre afin de déclencher. On a une idée précise de la photo qu’on veut faire, tout élément parasite est donc immédiatement identifié. Puis lorsque ces éléments disparaissent, on le voit car l’image voulue réapparaît.

  6. Michel a dit :

    Mes questions viennent du fait que je lorsque j’ai compris, grâce au site , qu’il y avait un schéma , j’ai pu prendre conscience que je me concentrait auparavant sur un schéma (vers d’oreille) et non un objet réel. Les bienfait s’en sont fait ressentir immédiatement. Je me suis rendu compte que faire de la concentration sur un objet pendant de longues minutes, était difficile, sans que mon esprit se rende vers ce schéma. Depuis que je ne perçois plus ces schémas (vers d’oreille), il m’est plus facile de me concentrer, mais les bienfaits n’y sont plus rattachés. Comment faire pour distinguer ce qui est le véritable objet, du schéma en question??

    • Pascal Bonnerue a dit :

      Une partie de la réponse se trouve dans ma réponse précédente, concernant les schémas et leur identification.

      Quand tu parles de bienfaits, je pense que tu parles en fait de sensations. La relaxation est meilleure avec une musique, l’esprit peut se mettre au repos, et une sensation agréable empli notre corps détendu et notre esprit sans contraintes.
      Mais les véritables bienfaits de la méditation viennent de l’acquisition de nouvelles possibilités de notre esprit. C’est en cela que ce sont des bienfaits.

      je vais prendre un petit exemple.

      Un enfant a bien plus envie de jouer que de passer des heures à apprendre à lire. Il pourra dire qu’il ne ressent aucun bienfait à apprendre alors qu’il en ressentait à jouer. Mais il parle de bienfaits au niveau de ses sensations qui sont plus agréables lors du jeu. Pourtant, les véritables bienfaits viendront de sa maîtrise de la lecture, et le bien-être qu’il pourra en tirer plus tard sera aussi bien plus important.

      La véritable liberté s’acquière par l’effort de progresser. Sans ces efforts, aucune évolution n’est possible, et finalement aucune liberté ne nous est offerte.
      Mais tu en as déjà conscience puisque toi-même tu fais ces efforts, poses de bonnes questions et recherches les bons chemins.
      Félicitations.

  7. Michel a dit :

    REbonjour Pascal,
    Ce pourrait-il dans ce cas que l’esprit cherche à nous faire croire qu’il est concentré sur l’objet en question , alors qu’en réalité nous sommes concentrés sur un schéma et que l’esprit lui est occupé avec d’autres tâches , d’autres réflexions??
    Merci

    • Pascal Bonnerue a dit :

      C’est une bonne question. Elle est trop vaste pour être traitée simplement dans une réponse.

      Si je devais répondre rapidement, je dirais oui et non.
      – Non, car ce qui est important c’est l’élément que l’esprit conscient a choisi comme objet de méditation sur lequel on doit se concentrer. C’est la qualité de notre attention, la clarté avec laquelle l’objet reste présent dans notre esprit et la stabilité avec laquelle il est saisi volontairement qui nous permettent d’évaluer notre méditation et de développer la puissance et la souplesse de notre esprit.
      – Oui, car la distraction tire l’esprit vers l’entretient et la création de schémas mentaux, et peut même nous illusionner sur la surveillance de l’objet choisi pour notre concentration.

      De plus, comme tu le pressens dans ce dernier cas, pour se simplifier la tâche, l’esprit peut créer un schéma mental de notre objet de méditation. Dans ce cas, ce schéma peut être une aide ou un défaut. Ce sera une aide si ce schéma permet de maintenir la qualité de la méditation, et cela sera encore plus utile avec des objets plus complexes possédant de nombreuses caractéristiques, comme un mandala par exemple. Ce sera un défaut si le schéma n’est pas lui-même contrôlé, voire élaboré par notre conscient. Dans ce cas, il s’agira d’une sorte de sous-produit de l’objet de méditation qui permettra à l’esprit de ne pas se concentrer clairement dessus et de se disperser sur d’autres tâches à la limite de la conscience.

      Encore une fois, il faut bien comprendre que cet esprit indiscipliné qui a l’air parfois ne pas faire partie de nous, fait partie de nous. Notre conscient n’est qu’une toute petite partie de ce qui forme notre existence spirituelle, dans laquelle l’inconscient a une très grande place. En disciplinant notre conscient de façon harmonieuse, nous disciplinons également notre inconscient. Les bienfaits transforment également nos pensées, nos perceptions, notre cerveau, notre corps, et finalement notre entourage. Prendre le contrôle de son esprit, c’est réellement rendre le monde meilleur.

  8. Michel a dit :

    Bonne soirée et merci d’avance de lire mon message

  9. Michel a dit :

    Autre question , je sais que vous avez dit que la musique n’est pas recommandée pour la méditation, mais si on l’utilise , est-ce normal que notre esprit soit distrait par des « vers d’oreilles » , de cette même musique lorsqu’on l’écoute??

    Si oui , comment se fait-il??

    • Pascal Bonnerue a dit :

      C’est pour éviter les distractions que je recommande d’éviter de mettre une musique.
      Beaucoup de gens confondent méditation et relaxation. Pour la méditation en tant que concentration, comme je l’ai dit dans ma réponse précédente, la musique peut représenter une distraction. Pour la relaxation en revanche, elle est souvent une aide.

      Les « vers d’oreille », ces phrases musicales dont on n’arrive plus à se débarrasser, font partie des tactiques de l’esprit pour forcer les comportements automatiques, dont les habitudes font partie.
      Notre esprit favorise ce qui le sollicite le moins sur une tâche particulière. De même, si nous commençons à nous concentrer volontairement sur une tâche, l’esprit cherchera à détourner l’attention de cette tâche si elle n’est pas vitale. Si rien d’important ne vient l’occuper par ailleurs, les vers d’oreille seront une bonne tactique pour laisser les habitudes anciennes ou tout nouvellement créées* remplacer une concentration qui monopolise l’attention.

      Prendre le contrôle de son esprit commence par développer notre capacité à diriger notre attention et à la maintenir sur l’objet de notre choix, en pleine conscience de ce que nous faisons. Je parle de l’esprit comme s’il avait sa propre volonté qui s’opposait à la nôtre. C’est comme cela qu’il peut apparaître à notre partie consciente. Pourtant, l’esprit est à la fois le conscient et l’inconscient, ces tactiques de diversions sont les nôtres.

      Toutes ces tactiques qui semblent aller à l’encontre de notre pratique, sont des mécanismes précieux de survie. Ils sont là pour que nous puissions faire bouger sans cesse notre attention sur des éléments inattendus, et ainsi pouvoir réagir à un danger ou un besoin vital. C’est aussi pour cela que la vraie méditation semble difficile au début, et que parmi nos tactiques de défense, la procrastination essaie également de nous en détourner.

      Mais paradoxalement, la maîtrise de son esprit et de ses mécanismes de défense nous rend plus apte à réagir à tout danger de façon appropriée.

      Bonne pratique Michel.

      * Les « habitudes venant tout juste d’être créées » sont un peu antinomiques, mais cela explique bien comment l’esprit cherche à trouver un moyen de répéter une action avec le minimum d’attention à lui accorder par la suite. C’est ce que j’ai désigné par les schémas dans l’article. D’autres types de schémas créés par l’esprit existent, nous les aborderons plus tard

  10. Michel a dit :

    Merci pour la réponse , je vais l’essayer avec ton explication

  11. Michel a dit :

    Bonjour Pascal,
    J’aimerais avoir plus de précision sur un élément qui est mentionné plus haut:
    Lorsque l’on dit que, à la deuxième respiration l’attention se dégrade , pour cause :
    mise en œuvre de l’habitude…. Est ce que cette habitude est la respiration qui se répète ??
    Il est mentionné également que l’esprit est performant et qu’il peut créer un schéma, que veut-on dire par ce schéma créé par l’esprit??
    La méditation peut-elle être pratiquée sur une musique classique au lieu de la respiration ??
    Merci à toi et bonne journée
    Michel

    • Pascal Bonnerue a dit :

      Bonjour Michel, merci pour tes questions.
      Oui, l’habitude vient de la respiration qui se répète. Elle intervient de deux façons :

      • – L’esprit rapproche automatiquement la première respiration de l’habitude de respirer. C’est comme s’il disait “Mais bien sûr, rien de neuf, je sais déjà faire cela, pas besoin de le ré-apprendre”.
      • – Au début de la seconde respiration, notre esprit met cette respiration en automatique pour se libérer et capter tout ce qui peut le distraire. C’est la mise en place d’une habitude, qui vient d’autant plus vite que la respiration semble naturelle et qu’on n’y pense presque jamais, c’est pourtant un acte volontaire.

      Mais le but de cette méditation est de développer sa concentration, c’est à dire notre capacité à rester concentré le temps que nous voulons sur l’objet de notre choix ( ici la respiration ) sans être distrait.

      Pour se simplifier la vie et être plus rapide, l’esprit crée des schémas mentaux. les habitudes en font partie. Cela permet d’effectuer des tâches avec le minimum d’attention, comme de conduire une voiture par exemple. Au début, Il y a toute sortes de gestes à coordonner pour pouvoir conduire correctement et le conducteur débutant est très concentré sur sa conduite. Avec les années, il peut penser à autre chose, discuter, écouter la radio ou parler avec ses passagers sans que sa conduite s’en ressente trop. L’esprit a élaboré les schémas de fonctionnements de la conduite et en a fait des habitudes qui lui permettent de se libérer pour d’autres tâches.

      Je ferais une description de certains de ces mécanismes de l’esprit dans un article à venir.

      Pour ta deuxième question concernant la musique classique, pour être précis, je vais te répondre en trois points :

      • – Non, la musique classique, ou une autre musique, ne peut remplacer la respiration comme objet de concentration pour cette méditation.
      • – Oui, on peut faire une méditation particulière sur la musique… Mais ce n’est pas tout à fait le même processus.
      • – Enfin, si la question était « peut-on écouter de la musique classique pendant une concentration sur la respiration ? » La réponse est partagée. Il vaut mieux ne pas avoir de distraction pour améliorer la concentration sur l’objet choisi ( la respiration ). D’un autre côté, pour certaines personnes, et dans certaines circonstances, la musique peut aider.

      Bon, attention, on parle de musique assez douce pour ne pas perturber. Même le classique a des airs enlevés et violents. Certaines musiques « new age » ou des musiques du monde, possèdent une mélodie douce, avec des répétitions qui peuvent accompagner la respiration. En général, cela peut aider des personnes perturbées par des problèmes ou des bruits dont il est impossible de s’isoler. Le mieux étant le calme, ou les bruits de la nature.

      Je te souhaite une bonne pratique. N’hésite pas si tu as d’autres questions.

  12. Lucie a dit :

    Merci pour les conseils.
    Un ami m’avait dit que, concernant l’inspir et l’expir, il faut y aller jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’air dans les cavités.
    Or, ça me faisait vraiment tourner la tête et j’avais l’impression d’avoir stocké un petit peu d’air à l’arrière du crâne, craignant de surventiler mon cerveau.

    Donc, la respiration doit être naturelle, sans forcer, sans inspirer au maximum ni expirer au maximum des capacités, c’est bien ça ? Et cela doit se faire en douceur, de manière très naturelle ?

    Merci pour vos lanternes !

    • Pascal Bonnerue a dit :

      Il y a des dizaines de façons de respirer selon ce que l’on veut obtenir.
      Votre ami vous a décrit une méthode permettant de sur-oxygéner votre organisme, les vertiges sont donc normaux dans ce cas, mais sa méthode n’est pas adaptée à la méditation.

      Toutefois, retenez-la, car elle peut être utilisée dans d’autres cas où l’énergie et la bonne oxygénation peuvent être nécessaires. Vous pouvez retrouver sa méthode dans le Qi-Gong et le Taï Chi Chuan également.

      Pour la méditation, gardez une respiration profonde mais naturelle. Votre rythme respiratoire ralentira naturellement sans forcer, en douceur en fonction des besoins dictés par votre organisme. Le corps doit se sentir détendu et en confiance pour que l’esprit puisse être dirigé en souplesse.
      Amitiés.

  13. soumeya a dit :

    Merci pour cette grande générosité, cet article est une planche de salut pour mon esprit égaré et fatigué…mille mercis!!!

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