Mandala

Les perceptions : Cinq sens plus Un

Cet article va vous parler des cinq sens et aborder le sixième sens qui est le sens mental.
Ce sixième sens fait partie des autres sens dans le bouddhisme, mais pas en occident.

Chez nous, l’expression « le sixième sens » fait référence à un don mystérieux dotant celui qui le possède de télépathie, prémonition ou d’autres pouvoirs extraordinaires pour le commun des mortels.

Nous verrons donc en détail ce sixième sens dans le prochain article, et verrons ce qu’il est

en réalité et que nous en sommes heureusement tous dotés.

Dans le bouddhisme, il est évoqué au même titre que les autres sens. En occident, on l’a écarté en limitant la fonction des sens à la capacité pour l’esprit de percevoir des éléments matériels extérieurs.

Pourquoi ?
La différence vient aussi des traductions forcément imparfaites de termes qui traversent les cultures et le temps.

Les sens du point de vue occidental

Le mot « sens », d’un point de vue occidental actuel, se place sur le plan extérieur à celui qui perçoit, en désignant la capacité de percevoir un phénomène existant dans l’environnement du sujet.

Les sens du point de vue bouddhiste

Dans le bouddhisme, ce « sens » est la traduction de « base de connaissance » et se situe du côté de l’esprit qui perçoit.

Les images mentales, les émotions et tous ces phénomènes sont donc perçus au même titre qu’un élément externe, et d’ailleurs, il est parfois difficile de faire la différence entre un phénomène réel extérieur et un phénomène intérieur.

Le fait de bien comprendre ce qui appartient aux sens physiques et au sens mental, nous permettra par la suite d’être capable de reconnaître le type d’expérience que nous vivrons durant une méditation, voire durant certains épisodes de notre vie.

Cette compétence va devenir indispensable pour reconnaître une expérience réelle et évaluer nos progrès.

Rappelons quels sont les cinq sens « communs » :

  • La vue, en premier car c’est le plus utilisé dans notre monde humain.
  • L’ouïe, la capacité d’entendre les sons.
  • Le toucher, tout notre corps est recouvert de ce magnifique organe sensible qu’est la peau, et beaucoup d’oganes internes ont des terminaisons nerveuses véhiculant au moins la douleur pour prévenir les dysfonctionnements.
  • L’odorat, assez développé chez l’humain, il reste quand même rudimentaire face aux performances olfactives des ours, des chiens et chats.
  • Le goût, voilà un sens qui nous sert aujourd’hui principalement pour le plaisir, mais qui doit aussi nous guider vers les bons aliments.

Nous allons d’abord revoir comment considérer les cinq sens, en nous basant sur la tradition bouddhiste qui a su depuis longtemps analyser les choses de l’esprit avec une approche rigoureuse, qu’on retrouve dans les courants moderne de psychanalyse.

Pour pouvoir parler d’un sens, il faut que l’information soit rendue accessible à l’esprit qui perçoit. Il faut donc qu’il existe trois choses :

  • Un objet à percevoir
  • Un organe capable de « saisir » cet objet
  • Une « conscience » capable de percevoir cet objet.
Décidément, le terme « conscience » intervient bien souvent pour désigner des choses différentes !

Ici, il s’agit du vocabulaire philosophique propre au bouddhisme, le terme conscience signifie « fonction donnant à l’esprit la capacité de percevoir ».

Prenons l’exemple de la vue, il faut un objet visible, il faut des yeux capables de percevoir la lumière renvoyée par l’objet, et enfin il faut une conscience visuelle qui permettra à l’esprit de traiter cette information. Le bouddhisme reste très technique sur ces descriptions, faisant

non pas référence à la vue, mais à la conscience de l’oeil, ni à l’ouïe mais à la conscience de l’oreille etc..

Ce qui signifie que dans le bouddhisme, si les yeux deviennent aveugles, le sens disparaît. Mais le sens mental, qui peut utiliser la « conscience » mentale de la vue, permet d’évoquer encore des souvenirs de voyant.
Ce sens mental, plus étendu est un sens supplémentaire qui remplit d’autres fonctions.

Cela semble évident n’est-ce pas ?
Pourtant, cela a des implications importantes.

Certains poissons comme le requin, ont des sens qui nous sont inconnus, tel que le sens « électrique ».

Ce sens perçoit des variations de courants électriques de très faible intensité jusqu’à pouvoir leur permettre de dresser une sorte de carte, en trois dimensions et de repérer des proies qui seraient invisibles en se servant seulement de la vue.
Ces organes détectant les champs électriques sont les ampoules de Lorenzini, réparties autour du museau du requin et le long de sa tête.

Bien sur, un squale n’est pas très causant, et personne n’a tenté de parler philosophie avec l’un d’eux. Mais il est certain que leur cerveau

même s’il nous semble rudimentaire, abrite bien une conscience « électrique » que nous ne possédons pas.

En tant qu’humains, nous n’avons donc pas de conscience électrique et pourtant, des champs électriques nous entourent et nous en produisons nous-même.

Ce n’est qu’en cas de différence de potentiel électrique trop forte que l’on ressent une électrocution.

C’est une douleur, liée au sens du toucher et prévenant de la détérioration ou du risque de détérioration de l’organe électrocuté, mais ce n’est pas un sens dont on aurait pu se servir.

Utiliser de nouveaux sens, percevoir d’autres choses

Heureusement, nous qui nous pensons plus malins que les requins, nous pouvons fabriquer un capteur capable de nous donner une image du champ électrique environnant… Mais comment l’interfacer avec notre esprit ?

Nous allons être obligé de traduire ce nouveau sens en quelque chose de perceptible, en passant par un écran et donc par la vue.

Dans tous les cas, nous restons limités aux consciences de perception dont nous disposons à la naissance.

Voilà qui est très important, car pour le sens mental, il existe des sensations qui lui sont propres, mais pour le reste, ce sixième sens devra amener à notre attention des informations codées sous formes de sensations physiques.

Et c’est là que notre monde devient bien plus riche qu’on le pensait mais aussi bien plus incertain par rapport aux phénomènes réels extérieurs.

Je vous laisse « méditer » ces informations qui ont une grande portée pratique et philosophique.

Le prochain article se concentrera sur le sixième sens : le sens mental.

À très bientôt.

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