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Respirer et chanter la vie : Méditer

Je reprends comme promis mes articles avec un sujet qui éclairera sous un jour nouveau beaucoup de questions que je reçois régulièrement : l’importance de la respiration dans la méditation. J’ai voulu le traiter sous un jour différent, celui du chant.

Découverte du mal-être

Jusqu’à présent, je formais à la méditation des personnes déjà un peu avancées sur cette voie. L’ouverture de mon cabinet à Paris m’a permis de rencontrer des gens qui ne connaissent pas ces techniques ou qui mettent en pratique des ouvrages de vulgarisation… simplistes, qui ne donnent qu’un petit aperçu censé rester facile d’accès, voire qui donnent de fausses pistes et de mauvaises habitudes.

Beaucoup de mes patients souffrent d’un mal-être propre à notre époque d’incertitude, de perte des repères et de dévalorisation de soi. Cela se traduit par un repli, mental bien sûr, mais avec de vraies répercussions physiques. Par la massothérapie, j’agis à la base de ces maux pour ré-accorder le corps et l’esprit. Mais je développerai plutôt cet aspect particulier sur mon site professionnel. Ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est la capacité de respirer, de chanter, et leur rapport avec la méditation, et le rapport avec le bien-être.

Ne pas oublier de respirer

Bien sûr, le fonctionnement de la respiration est réglé de façon automatique par le cerveau, mais ce qui rend cette fonction exceptionnelle, c’est qu’on peut la contrôler totalement.

Retenir sa respiration sous l’eau pour éviter de se noyer est un acte instinctif mais volontaire. Les bébés, avant de savoir marcher, savent bloquer leur respiration lorsqu’ils sont plongés dans l’eau. Les apnéistes sont capables de maîtriser au plus haut point ces capacités tout en réglant leur dépense d’énergie physique pour tenir le plus longtemps possible.

Lorsque nous fournissons un effort, le besoin de respirer plus fort devient souverain, il faut transporter rapidement plus d’oxygène aux cellules et évacuer l’excès de dioxyde de carbone. Le cerveau lui-même est un grand consommateur d’oxygène. La respiration est vitale, on peut tenir plusieurs jours sans manger, un peu moins sans boire, mais seulement quelques minutes sans respirer.

Pour cette raison, ces mécanismes sont si bien implantés en nous que nous ne ressentons pas le besoin d’agir consciemment sur notre respiration.

plongeuse en apnée

Le chant de la vie

hisser main sur main

Dans nos sociétés modernes, les efforts sont moindres et l’acte de respirer volontairement s’atrophie, ainsi que notre capacité respiratoire. Le stress limite encore la respiration au minimum vital.

Pour apprendre à respirer au bon moment et fournir un effort avec un maximum d’oxygénation et d’efficacité, les anciens avaient des chants adaptés à chaque circonstance.

Chants de marins, à hisser, à souquer, chants de moissonneurs, de semeurs, de batteurs, chants de cantonniers, de marcheurs et de militaires, et bien d’autres activités accompagnées de leurs chants, où le rythme réglait la respiration avec le mouvement et l’effort. Les femmes comme les hommes fournissaient l’effort et chantaient pour l’accompagner.

La musique et le fait de chanter ensemble, créait une cohésion des mouvements, des esprits, et permettait une concentration en même temps qu’un partage spirituel. Le chant s’est invité naturellement dans le sacré, où il participe au sentiment d’élévation, et dans les veillées, où les souvenirs et émotions sont mis en commun dans un partage fraternel de la reconnaissance des autres comme appartenant à une même communauté d’êtres sensibles.
Le chant choral, apporte une dimension spirituelle et une sensation empathique de partage. C’est une merveilleuse expérience. Elle tient à plusieurs qualités qui se retrouvent dans toute méditation.

Chant et méditation

Bien entendu, je ne parle pas ici de chanter seul sur une musique populaire. Même si cette activité apporte aussi beaucoup de bienfaits, si les motivations et paroles sont vertueuses. Je reviendrai sur ce dernier point dans un autre article.

La Présence. Le chant en groupe nécessite d’être présent totalement dans l’activité. Comme dans les méditations actives ou les méditations sur l’instant présent, le bon chanteur se concentre sur le moment présent sans se laisser perturber par des pensées vagabondes. Les paroles, le son des autres voix et de la sienne à l’unisson, l’activité physique qui peut rythmer le chant, que ce soit un travail commun ou le jeu d’un instrument ou de percussions d’accompagnement. Il n’y a plus de place pour autre chose que l’expression du moment, un partage hors du temps, avec pourtant une concentration totale sur cette activité et ce moment privilégié.

La respiration. Tellement importante durant le chant qu’il est impossible de continuer sans s’étouffer si on ne respire pas correctement et au bon moment. Cette respiration, fait circuler une énergie incroyable, palpable pour la plupart des chanteurs, même amateurs ou débutants. À la fin du chant, le bien être est tel que l’on n’a qu’une envie, continuer, chanter à nouveau. La fatigue semble ne pas nous toucher, et si on la ressent, si la voix commence à s’enrouer, il n’est pas rare de vouloir continuer ces moments de grâce.

Le partage. Le moment de grâce du chant tient surtout à la sensation de partage, le sentiment d’être l’une des cordes d’un immense instrument vivant produisant harmonie et beauté. cette sensation magnifique est ressentie de façon profonde par le méditant expérimenté qui ressent sa propre vibration en accord avec l’univers dans le silence de sa pratique.
Il est difficile pour un maître d’exprimer cette sensation à un méditant débutant. Pourtant, pour ceux qui ont connu ces moments de partage musicaux, sachez que ce sont les premières sensations qui émergent d’une pratique correcte. Cette sensation d’union avec soi, avec l’univers. Cela peut prendre des mois ou des années, mais lorsque cette sensation est là, vous savez que vous êtes sur le bon chemin, sans même qu’un avis extérieur vous le confirme. Ainsi, la musique et parfois la danse sont-elles présentes dans toute activité spirituelle profonde, dans tous les peuples, et de tous temps.

Attention et concentration. Je reparle de la concentration que j’ai abordée sous différentes formes dans cet article. Bien sûr, pour que le chant soit correct, il faut être attentif aux autres, à soi, à la hauteur et la justesse des sons ainsi que le rythme et le tempo. La concentration sur les paroles, sur l’activité que l’on accompli en même temps comme si cette activité était elle-même un des instruments de musique jouant sur le même air, et sa respiration qui doit se faire au bon moment pour donner la voix juste et vibrer avec les autres.

Le chant du méditant

Dans le silence, le méditant se concentre d’abord sur sa propre respiration. Il la contrôle pour qu’elle soit calme, profonde et juste.

La respiration juste produit le calme physique, l’énergie juste qui amènera la pensée correcte et la méditation juste. Comme un instrument de musique, l’esprit est ni trop tendu ni totalement relâché, il est clair, conscient et chevauche le souffle régulier du corps.

L’attention suit le souffle, qui entre et empli les poumons, reste un moment en produisant un bien-être qui peut s’exprimer, au sens propre, par l’expiration lente où le plaisir se ressent autant qu’il s’exprime.

Apprendre à respirer

Dans certaines pratiques du QiGong, cette expiration s’accompagne d’un son précis, mettant en résonance des parties du corps et des centres d’énergie.

Comme un chanteur qui connaît par cœur les paroles, lorsque cette pratique méditative sur la respiration est maîtrisée, le méditant peut alors invoquer une image mentale précise et rester dessus le temps qu’il estimera nécessaire jusqu’à ce que cette image soit aussi précise que possible, et que les qualités de cette concentration transcendent les capacités mentales du méditant.

Revenir aux fondamentaux

Sur le site, j’ai déjà décrit les étapes indispensable d’une méditation correcte. Aucun point n’est à négliger pour qui veut réellement aller loin et transformer son esprit. Certains maîtres accomplis n’ont médité que sur leur respiration et ont obtenu toutes les réalisations. il s’agit de la base mais aussi du chemin. de grandes joies vous attendent si votre pratique est correcte.

Respirez

De même que le mal-être bloque inconsciemment la respiration, développer volontairement celle-ci permet de casser ce cycle infernal et de retrouver une détente, un bien-être, de l’énergie et de redécouvrir un rapport sensuel au monde. Les causes produisent des effets, et pour retrouver les conditions initiales, on peut reproduire les effets.

je vous laisse “méditer” tout cela, il y a déjà beaucoup de choses dans cet article.

À bientôt…

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