Mandala

Vivre l’instant présent

Forêt en automne

Forêt en automne

Voici un article vraiment très important qui va traiter d’un sujet qui touche à la fois au bien être et au contrôle de son esprit.

Ce sujet est abordé dans de nombreuses philosophies. Et on voit souvent, en occident des histoires où un maître dit à son disciple d’un air pénétré :

« – Vis l’instant présent petit scarabée !» 

Et cette injonction est reprise un peu partout comme étant l’expression d’une profonde sagesse, à juste titre d’ailleurs, mais avec des interprétations très différentes et fantaisistes.

Certains vous diront « Carpe diem », profite de l’instant. Ce qui fini par se traduire par « ne t’en fait pas, sois cool, fais ce que tu veux ».

Bref on s’éloigne d’une pratique spirituelle ou d’un message philosophique !

Comment vivre l’instant.

C’est à la fois simple et difficile.

Difficile parce que notre esprit est ainsi fait qu’il se projette constamment dans l’avenir, proche ou lointain, et est en relation avec le passé.

Ce n’est pas un défaut, loin de là, c’est un mécanisme très évolué permettant de faire les meilleurs choix possibles.

Ce système permet à l’esprit, en étant dans le

présent, d’être en relation avec l’avenir, puis avec le passé. Cela crée un espace-temps spirituel continuellement actualisé.

C’est dans cet espace-temps particulier que réside notre capacité de penser et de nous projeter dans des actions qui passent ainsi d’imaginaires à réelles, de volonté à réalisation.

Je développerai une partie des concepts qui découlent de cela dans de futurs articles.

L’esprit en relation avec le temps.

Nous avons parlé de l’aspect composé de l’esprit.

Dans nos projections vers le futur, ce sont principalement les couches hautes de l’esprit qui sont sollicitées.

Ces couches hautes de l’esprit vont de la capacité volitionnelle de base, qui dirige notre attention vers un objet à percevoir, jusqu’aux couches supérieures de l’intellect capables de planifier une action de façon raisonnée, en pesant le pour et le contre, en évaluant la meilleure stratégie.

Dans nos appuis sur le passé, c’est la partie la plus basse qui est d’abord sollicitée, depuis les

couches subconscientes qui communiqueront sur le plan émotionnel, jusqu’au couches intellectuelles en relation avec la mémoire.

Entre les deux, à l’intersection de ces fonctions de l’esprit, se trouvent un ensemble de capacités capables de percevoir avec précision et vitesse, et qui ne sont presque pas filtrées par l’intellect ou les émotions.

Ce sont des perceptions brutes, claires et rapides.

Elles sont toujours à la base du cheminement perceptif, mais on ne les utilise presque jamais telles quelles.

Comment les identifier ?

La plupart d’entre-vous ont déjà éprouvé cette perception claire de l’instant, mais souvent sans s’en rendre compte.

Je vous fait part d’une petite histoire, que beaucoup d’entre-vous avez vécu sous des formes différentes.
Lisez la tranquillement comme si c’était votre histoire…

 

L’intrus dans la forêt.

C’était l’automne, j’avançais tranquillement sur ce sentier de forêt que je connaissais bien pour m’y être promené si souvent.

L’après-midi était ensoleillé et avançait sur sa fin en diffusant une magnifique lumière dorée.

Les feuilles n’étaient pas encore tombées et peignaient sur la forêt une toile impressionniste

où les rouges et les jaunes semblaient exploser dans une symphonie colorée jouée sur les derniers rayons du soleil.

Tout était calme, je n’entendais que le bruit de mes pas, et prenais un plaisir particulier à respirer cette bonne odeur d’humus et d’écorce humide, légèrement iodée par les effluves marins qui baignent toute la Bretagne jusqu’au milieu de ses terres.

Soudain, un bruit !

Derrière moi, une branche qui se casse au sol, foulée par quelqu’un que je n’avais pas vu.

Je m’arrête dans le silence et écoute… Tous mes sens en alerte… Je n’ai pas peur, mais je sens que s’il se passe quelque chose je suis prêt !

Un mouvement sur ma droite attire mon attention, mon cœur cogne plus fort dans ma poitrine et je tourne tout doucement la tête, silencieux pour pouvoir écouter le moindre mouvement de l’intrus.

Il est là : plus loin que je ne l’aurais crû, un jeune cerf, magnifique, tout en force et en finesse, les bois dressés, à la fois animal et végétal, immobile.

Il me regarde, je vois ses yeux et c’est comme si la forêt elle-même me regardait.

Puis, brusquement, d’un même mouvement fluide et puissant, il se retourne et bondit dans la forêt, où il disparaît en quelques secondes.

La joie…

Je suis submergé par une vague d’émotion, je me mets à rire tout haut et je trouve cela délicieux ! La joie me submerge : c’était un moment de grâce.

J’imagine déjà ce que je vais raconter en rentrant, comment faire pour partager cette émotion, ce sentiment de bonheur sans autre raison que celle de vivre.

Je respire un grand coup, je suis heureux, mais quelque chose me manque, je ne sais pas quoi.

Alors je fixe dans mon esprit l’image de mon cerf, et grave dans mon cœur l’émotion que j’ai ressentie.

Le cerf en fuite

Le cerf en fuite, l’instant est passé.

 

les mouvements de l’esprit

Cette histoire, me fait encore frissonner lorsque je vous l’écris.

Dans la première partie, je profite de ma promenade.

Volontairement, je puise dans mes souvenirs ce qui est en rapport avec ce que je vois et je me laisse aller à une certaine licence poétique en comparant les couleurs de la forêt avec une toile impressionniste, essayant ainsi de

transmettre le plaisir, les sensations et les sentiments ressentis.

J’ai l’air de vivre l’instant présent, et d’une certaine façon c’est vrai, je profite du moment sans laisser les problèmes m’atteindre.

Mais mes perceptions ne sont pas tout à fait dans le présent et mon intellect joue avec tous ces objets plaisants pour en créer de nouveaux.

L’instant présent

Brusquement, un bruit vient forcer les barrières du petit monde de plaisir où j’évoluais.

Je dégringole dans la réalité présente, je suis hyper attentif, et surtout, je n’ai plus aucune pensée parasite. Mon dialogue intérieur s’est tût.

Je suis totalement ouvert, attentif, concentré. Mon intellect est au repos, mes émotions tambourinent derrière la porte de mon esprit mais elles ont trop à faire en préparant le corps à réagir au quart de tour.

Bref, je vis un moment de clarté totale, sans

perturbation, sans évocation de souvenir, sans projection dans l’avenir… Le temps semble figé. Je suis totalement dans l’instant.

Cet état perdure jusqu’à la fuite du cerf, jusque là, aucune pensée parasite n’est venue gâcher ce moment.

L’attention déployée me donne un sentiment de communion avec le cerf, avec la forêt, et je ressens cette communion entre le cerf lui-même et sa forêt.

Tout est lié. C’est un moment de clairvoyance, bref et intense.

L’instant d’après

Puis le fonctionnement mental revient, les émotions sont libérées, la tension se relâche, non en peur mais en plaisir, le soulagement est immense, je sens que j’ai vécu un moment exceptionnel.

Déjà, je le modifie, je me projette vers l’avenir pour éviter d’oublier cet instant, pour pouvoir le partager.

Je ne vis plus l’instant présent, c’est le sentiment diffus de perte que j’éprouve sans savoir ce que c’est.

À travers cette histoire, on peut toucher du doigt ce qu’est « vivre l’instant » et on entre-aperçoit les pouvoirs supplémentaires qui nous sont donnés à ce moment.

On peut voir ici que les périodes d’introspection précédente, et de projection suivante ne sont pas négatives, elles sont même créatives, mais elles sont d’une certaine façon déconnectées de la réalité de l’instant.

L’instant présent a existé dans un instant sans pensée parasite, où toutes les perceptions sont en éveil, où le corps et l’esprit fonctionnent ensembles.

Comment retrouver cet instant

Je pense que nous avons tous vécu plusieurs périodes telles que celle qui est décrite ici. Souvent plus brèves, parfois juste une seconde pendant laquelle tout s’arrête parce qu’un bruit nous surprend dans le noir.

Les mécanisme de rationalisation entrent tout de suite en œuvre pour classifier l’événement et le ramener à sa juste mesure, nous faisant oublier cet état second pendant lequel notre esprit était hyper-lucide, sans pensées, tout entier dans la perception de l’instant.

Ensemble, nous allons apprendre à utiliser cette faculté à volonté, et à l’utiliser en tant que base pour percevoir des choses supplémentaires.

Cinq sens ? Six sens ? Bien plus ? En ouvrant notre conscience nous allons dépasser ces barrières.

Je vous laisse relire cette histoire et vous demande de vous rappeler quand ce genre d’expérience vous est arrivée.
Sur cette base, nous allons développer notre faculté à vivre dans l’instant, le corps en union avec l’esprit, ce qui développera considérablement notre attention et nos perceptions.
Cela servira aussi de base plus tard à une méditation de type Zen, très à la mode mais très rarement bien effectuée.
Je vous en parlerais plus tard.

A bientôt.

Forêt en automne, Photo de Bruno Monginoux, licence Creative Commons, www.photo-paysage.com & www.landscape-photo.net
Cerf en fuite, Photo de Jany Ludovic, 2007 licence creative commons. Im@gine!

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